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Combien d’argent de poche pour vos enfants?

    Argent de Poche

    Chaque parent est ou sera confronté un jour à « l’autre » question qui fait trembler: « Combien d’argent de poche vas-tu me donner? »

    Et là, il vaut mieux y avoir réfléchi avant, et surtout, être raccord avec le conjoint …

    Que dit la loi ?

    La loi n’oblige aucun parent à donner de l’argent de poche. Si vous ne donnez pas d’argent de poche, vous faites simplement partie des 40% des parents qui n’en donnent pas.

    Attention, on parle bien ici d’argent que l’on donne en plus des obligations parentales de soins. Les parents sont obligés de pourvoir aux besoins de base de leur enfant, de leur offrir des soins, un toit et de la nourriture, mais pas de l’argent de poche.

    Argent de poche – un apprentissage

    Si l’on se pose du côté de l’enfant consommateur, devoir gérer un montant limité d’argent est un apprentissage.

    Apprendre à choisir

    Une première leçon est d’apprendre à choisir dans un environnement dont les ressources sont limitées. C’est la base de l’économie. Comment trouver mon contentement alors que je ne peux pas faire tout ce que je veux.

    Apprendre à différer ses désirs

    Que vais-je faire avec cet argent ? Qu’est-ce que je peux m’acheter aujourd’hui ? Et si j’attends, combien vais-je pouvoir épargner et m’acheter dans le futur ?

    C’est aussi le moment d’apprendre à épargner et de se demander pourquoi épargner.

    Apprendre le rapport à l’argent

    Il s’agit aussi d’apprendre à développer un rapport sain à l’argent. Est-ce que je suis riche si j’ai 2€ ? 5€ ? 25€ ? Qu’est-ce qu’être riche ? La richesse est-elle synonyme de bonheur ? Est-ce le seul moyen d’être heureux ?

    L’argent de poche le seul moyen ?

    Bien sûr que non ! Vous pouvez aussi apprendre à gérer un budget par exemple en:

    • préparant un repas et en faisant les comptes avec votre enfant sur le coût de ce repas, en entier, puis par personne,
    • le mettant au défi de préparer un repas familial pour un certain budget,
    • pour les plus jeunes, plutôt que de négocier à chaque rayon de la grande surface, lui proposer une certaine somme qu’il doit gérer pour ses collations de la semaine,
    • pour les vêtements, profiter des soldes et des friperies (ne fonctionne que si vous agissez vous-même de cette manière),

    Adulte, comment considérez-vous l’argent de poche ?

    L’argent de poche est-il un dû ?

    Si l’on considère que l’argent de poche est un dû, alors, il doit être reçu de manière inconditionnelle. Et dans ce cas, le lier à un comportement ou une attitude n’a plus de sens. Par exemple: non, tu n’auras pas d’argent parce que tu n’as pas rangé ta chambre, ou le lier aux notes scolaires (non, tu as raté ton contrôle de math).

    On peut même aller plus loin en se disant que c’est contreproductif, parce qu’alors, l’enfant ne sait plus trop bien si c’est un droit ou si c’est lié à un mérite. Peut-il encore compter sur l’adulte ?

    Le contrat disait 7€ par semaine, mais l’adulte détermine une nouvelle condition: je dois avoir rangé ma chambre. Et peut-être que la semaine prochaine, ce sera encore une autre condition. L’enfant adopte alors une passivité. Il n’a plus la main, il apprend « l’impuissance acquise » puisque quoiqu’il fasse, il y aura un retour de manivelle.

    L’argent de poche est-il un mérite ?

    Si l’on considère que l’argent de poche se mérite, alors, l’adulte doit établir des règles claires, et si possible écrites et en accord avec l’enfant, sur les actions que l’enfant doit mettre en œuvre pour obtenir son argent.

    Attention que si l’action est respectée, l’adulte ne peut revenir sur sa promesse, en ajoutant des conditions supplémentaires, comme par exemple « oui, tu as lavé la voiture, mais je t’ai aidé, alors, je ne te donne que la moitié ». C’est l’adulte qui a aidé … Sauf bien sûr si l’aide a été négociée au préalable.

    Il faut aussi être bien clair sur les actions qui méritent une récompense financière et sur les actions qui sont du ressort de la vie en famille. A chaque famille de fixer les règles. Mais si elles ne sont pas fixées, elles sont de facto négociables.

    Avec un ado qui a du mal à prendre soin de sa chambre, il est tout à fait envisageable de lui proposer une certaine somme si par exemple, le jeudi soir à 20h, sa chambre est rangée, les poubelles vidées et le linge trié, rangé et descendu pour les lessives.

    Vous pouvez proposer cet arrangement pour une durée limitée de 6 mois par exemple, reconductible en fonction des résultats.

    Si vous estimez que faire la vaisselle, mettre la table ou sortir les poubelles font partie des tâches de la vie de famille, énoncez-le clairement et surtout, ne donnez jamais de récompense, aussi minime soit elle. Contentez-vous de compliments et d’encouragements. Sinon, vous entamez la ronde des gratifications obligatoires pour toutes les tâches !

    Le plus simple, c’est d’afficher un tableau avec les tâches et le montant que l’enfant reçoit s’il l’accomplit. Un peu comme un tarif que l’on verrait chez le coiffeur. A vous, adulte, de décider ce que vous y mettez.

    Chez nous, par exemple, laver les voitures est une corvée. Du coup, les enfants peuvent le faire pour 15€. Nous voilà soulagés d’une tâche qui nous encombre, et ils sont ravis de pouvoir gagner de l’argent.

    Combien d’argent de poche donner ?

    Pour déterminer combien d’argent de poche vous allez donner, le premier facteur à prendre en compte est bien votre propre situation financière ! Ne vous mettez jamais en difficulté pour donner de l’argent de poche à vos enfants, ils vous le reprocheraient ! Et si vous devez interrompre l’argent de poche pendant quelques mois ou années, expliquez-le à vos enfants. Ils préfèreront ne pas recevoir d’argent de poche que de vous voir assombris par une situation qui vous dépasse.

    Un autre facteur à prendre en compte, et qui fait partie de la discussion préalable, est l’usage qui sera fait de l’argent de poche: l’enfant devra-t-il gérer ses dépenses de collations ? ses achats de vêtements ? ses sorties ? ses fournitures scolaires ?

    Voici un exemple de tableau que l’on peut trouver. Personnellement, je trouve les montants très généreux. Vous l’aurez compris, je n’ai pas instauré ce système dans ma famille.

    Tranche d’âgeMontant
    Avant 6 ans
    (classes maternelles)
    1 à 2 € par semaine
    6 – 8 ans
    (3 premières primaires)
    2 à 3 € par semaine
    9 – 11 ans
    (3 dernières primaires)
    3 à 4 € par semaine
    12 – 13 ans
    (1er degré du secondaire)
    10 à 15 € par mois
    14-15 ans
    (2e degré du secondaire)
    15 à 25 € par mois
    16-18 ans
    (3e degré du secondaire
    20 à 40 € par mois
    Combien d’argent de poche à quel âge ?

    Vous trouverez un autre avis sur la question sur le site de Wikifin.

    Une fois les études secondaires terminées, tout dépend si votre enfant prolonge ses études, s’il va en kot, etc. A ce niveau-là, il est difficile de donner des chiffres je trouve, surtout si on veut les faire corréler aux besoins de l’étudiant. L’argent qu’il reçoit devra-t-il servir à toutes ses dépenses ? Uniquement la nourriture ? Et pour ses vêtements, qu’allez-vous mettre en place ?

    Si le jeune n’entame pas d’étude et entame son fameux « stage d’attente » du Forem, à vous de décider si vous lui octroyez une rente pour rester à la maison sur le canapé ou si vous l’invitez fermement à trouver des jobs intérimaires pour se sortir de là …

    Si la situation est provisoire, les allocations familiales sont une bonne base de discussion, mais attention que le « rang » de l’enfant ne peut pas être pris en compte, sinon, vous allez vous ruiner ! Donc, une base de discussion pourrait être de prendre l’enfant du 1er rang (101,67€), avec les suppléments d’âge (18-24 ans, 31,09€), soit 132,76€. Pensez au fait que ce n’est pas un dû … surtout si vous le logez et le nourrissez, c’est la somme ad minima que vous recevez pour l’entretenir 😉

    Dans notre famille, nous tentons autant que possible de découvrir et de s’investir dans des jobs étudiants. Ils permettent aux jeunes de découvrir le monde de l’entreprise, d’acquérir des réflex de travailleurs, de mieux se connaître par rapport à ce qu’ils veulent par rapport à une hiérarchie ou à l’indépendance … En plus de leur apporter suffisamment de ressources financières pour l’année !

    L’argent de poche, en liquide ou sur le compte?

    Aujourd’hui, un enfant peut ouvrir un compte bancaire dès 10 ans dans certaines banques.

    Mais à 10 ans, il est tout de même difficile pour un enfant de se rendre compte de ce qu’est l’argent sans d’abord avoir eu une phase d’apprentissage durant laquelle il va manipuler des pièces et des billets.

    L’avantage d’utiliser un compte bancaire est que le risque de perte de l’argent est plus limité, et que les parents peuvent faire un ordre permanent et donc, approvisionner plus régulièrement.

    L’avantage d’utiliser l’argent liquide est que l’enfant est appelé à manipuler les pièces et les billets, à devoir en prendre soin, à le protéger, à le compter régulièrement.

    Ne vous laissez pas trop influencer par les discours de votre banquier. Evidemment qu’il va vouloir que votre enfant ouvre un compte au plus vite dans son institution. Un client acquis le reste … très très longtemps … le Belge n’étant pas très mobile d’un point de vue bancaire.

    Et un enfant n’étant pas l’autre, si vous estimez que l’un aura l’utilité d’une carte bancaire et pas l’autre … vous pouvez aussi en discuter !

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